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Souvenirs
Anastassia Tsvetaeva
traduit du russe pas Michèle Kahn
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Anastassia Tsevataeva est la sœur cadette
de 2 ans de Marina Tsvataeva, la célèbre
poétesse russe, morte tragiquement en 1941.
Elle a rédigé ses Souvenirs en 1960,
encouragée par d'anciens amis de sa sœur,
comme Pasternak .Cet ouvrage est un magnifique
hommage à cette soeur artiste, mais aussi
la consécration d'Anastassia en tant qu'
écrivaine talentueuse remarquable.
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Voici comment elle-même décrit sa
passion des mots : «La passion au sens propre,
peut-être même pour les lettres qui
les composaient. Le son des mots rempli à
ras bord de leur sens nous procurait une joie
absolument matérielle. Nous étions
dans une communauté comme si nous étions
tombées, comme dans le conte, dans une
grotte pleine de pierres précieuses gardées
par des gnomes».
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Nées à la fin du XIXe siècle,
les deux fillettes viennent d'un milieu intellectuel
aisé. Leur père, directeur du musée
archéologique de Moscou, veuf, a épousé
en deuxième noce leur mère, une
pianiste talentueuse et cultivée, d'origine
polonaise. Elle s'occupe beaucoup de ses deux
filles. Ces dernières, douées, subtiles,
tiennent un journal intime, parlent plusieurs
langues, jouent du piano, passent leurs étés
dans la datcha campagnarde à canoter et
cueillir des pommes vertes. Hélas, la mère
mourra jeune de phtisie, les deux adolescentes
découvriront orphelines leurs premières
amours, avant de plonger dans les difficultés
politiques et matérielles. La poésie
demeurera, heureusement…
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La plume colorée d'Anastassia restitue
l'enfance et la jeunesse des deux sœurs d'une
façon quasi magique. Ces Souvenirs sont
une merveille d'évocation, plus fidèles
que n'importe quelle photographie.
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La vie d'adulte d'Assia, comme celle de Marina,
sera dramatique: deuil, emprisonnement au Goulag,
relégation. On a seulement envie de lui
dire merci pour son courage exemplaire, pour avoir
trouvé la force de nous confier son destin,
un véritable cadeau précieux, à
la fois aussi léger que les bulles irisées
qu'on souffle sur les champs de foire et aussi
dense que l'or pur.
Annette
Zimmermann
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