::La reine nue
Anne Bragance
::Etre le père ou la mère de sa
propre mère est un rôle difficile,
un rôle de composition auquel nul/nulle
n’est préparé-e. Ce rôle-là,
on ne le choisit jamais, mais on est amené
à l’assumer si la vie en décide
ainsi. Anne Bragance aborde ce sujet avec une
grande humanité et multiplie par sept les
possibles manières de réagir à
cette épreuve.
::Car
ils sont sept, les enfants de Giulietta Padovani,
sept comme les jours de la semaine ou comme les
sept péchés capitaux, selon la propre
formule de cette mère hors du commun. Nés
de trois géniteurs différents, dans
trois pays différents, ils forment pourtant
une tribu très liée et vivent tous
à proximité de «la Villa»
de leur mère, à qui ils vouent un
véritable culte.
::Auteure
à succès, Giulietta a tissé,
au fil du temps, des liens d’amour si forts
autour de ses enfants, qu’ils en sont complètement
prisonniers. Ils sont assujettis aux largesses
de leur mère, au point de mettre en danger
les familles qu’ils ont eux-mêmes
créées. La Villa, Giulietta l’a
voulue grande et luxueuse, de manière à
pouvoir abriter tout ce petit monde – enfants,
petits-enfants, gendres et brus – et régner
en souveraine absolue. Chacun, ou presque, y trouve
son compte, jusqu’au jour où la reine
commence à vaciller et où, petit
à petit, la démence sénile
va être diagnostiquée. La vie d’avant
n’est alors plus qu’un souvenir, et,
à partir de là, tout est à
réinventer, obligeant chacun à se
dépasser.
::Je
n’ai pour ainsi dire pas lâché
ce roman du début à la fin. Anne
Bragance réussit le tour de force de nous
introduire dans les méandres de la vie
intérieure de chaque protagoniste –
y compris celle de Giulietta – et au détour
des pages, c’est un magnifique puzzle d’amour,
mais parfois aussi de haine, qui se construit
devant nos yeux. Comme il a avant tout pour sujet
les liens, souvent complexes et ambigus, qui unissent
parents et enfants, ce livre concerne chacune
et chacun de nous. A lire absolument!
Josiane
Bozzolo Friedli
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