| l'inédite | librairie femmes |
:: 15 rue st joseph
:: carouge :: genève
:: tél: +4122 343 22 33
 

:: Femmes seules retirées loin des villes
Françoise Lapeyre
 

Je serais peut-être plus seule
Sans la solitude
Tant à mon sort je me suis faite

:: Ainsi parle Emily Dickinson dont les fragments de poèmes introduisent et jalonnent les chapitres de ce livre au titre un peu étrange. L'auteure, une linguiste, a voulu mieux cerner un phénomène en développement dans la société française contemporaine: les femmes seules. Elle a cherché ses interlocutrices dans un environnement campagnard où leur solitude est encore plus radicale que celle qu'on peut voir en ville. Les quinze femmes dont elle évoque les singuliers destins habitent toutes des maisons isolées en pleine nature. Les trouver n'a pas été facile et elle a mis deux ans pour les interroger.

:: Le terme de «solitude» est ambigu: il peut signifier souffrance, si l'on pense à la solitude des vieux ou des exclus; mais aussi sérénité, si la solitude accompagne une retraite; elle peut vouloir dire force, si elle est synonyme d'autonomie, ou désigner une disposition pathologique, celle du misanthrope; elle peut être une solitude au milieu des autres, si le-la solitaire se sent abandonné-e. Philosophiquement, la solitude peut être une transgression, si l'on estime que l'être humain est un animal social ; ou une force morale, si l'on trouve la société corruptrice.

:: Mais revenons à nos quinze solitaires: on pourrait les classer en trois genres, non exclusifs les uns des autres. Pour les unes, les artistes, la solitude est nécessaire à leur accomplissement dans une oeuvre créatrice ou, pour les religieuses, dans la prière. Pour d'autres, la solitude est survenue suite à une fracture de la vie, un grand deuil par exemple; elles l'acceptent et la gèrent comme un état durable. Pour d'autres encore, la solitude est réparatrice, elle les aide à se retrouver elles-mêmes.

:: Dans leur isolement, ces femmes échappent aux pouvoirs des hommes, de la famille, de la consommation, des médias, de la modélisation. Mais elles passent par de grandes épreuves et vivent souvent dans la précarité et l'inconfort. Il faut du courage pour vivre seule, même si l'on a choisi librement ce mode de vie.

:: Une fois encore, je ne peux qu'admirer la singularité de chacun de nos chemins d'existence…

Evelyne Merlach

barre_nav

Lattès, 2003
187 pages
Fr. 31.20

commander

 
 
copyright:: © 2003 inédite librairie ::juin 2008