::Dans
la main du diable
Anne-Marie Garat
::Voici
un merveilleux roman qui vous tient en haleine
du début à la fin, touffu, aux multiples
intrigues, et dont on dénoue petit à
petit l'écheveau en passant d'un indice
à l'autre.
::Si
l'action se passe en 1913 et que bien des événements
sont reliés à l'actualité
du moment (les débuts du cinématographe,
la hantise de la guerre, les recherches concernant
les armes chimiques) ce n'est pas à proprement
parler un roman historique. L'auteure dit elle-même
qu'elle a privilégié la description
de l'atmosphère plutôt qu'une mise
en scène sociologique précise. Et
surtout, cette description est servie par une
écriture magnifique, presque poétique:
de longues phrases qui s'étirent, un langage
recherché, imagé, des notations
extrêmement précises mais jamais
ennuyeuses.
::Tout
le roman est porté par Gabrielle, jeune
femme pleine de grâce, qui veut élucider
les circonstances de la mort étrange d'un
cousin cher disparu en Birmanie lors d'une mission
scientifique peu claire. Son enquête l'amènera
à connaître des mondes nouveaux,
à mentir pour la bonne cause, à
aimer... «Dans ce même temps,
Gabrielle muait vers une autre qu'elles (ses tantes)
ne connaîtraient pas, encore trop meurtrie
de la métamorphose qui s'opérait
en elle pour la comprendre, sans que les changements
profonds qui bouleversaient sa vie disent encore
leur nom, et elle s'éloignait de cette
rue de son enfance comme on arrache de soi la
peau ancienne pour s'offrir au soleil.»
::Jusqu'à
la dernière page on se passionne pour le
destin de Gabrielle, qui peut encore basculer.
Chut, Anne-Marie Garat nous a dit dans un murmure
qu'elle pensait à une suite..
Annette
Zimmermann
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