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Ma Nanie,
Alix de Saint-André
:: Un régal pour celles et ceux qui apprécient
les récits provinciaux au parfum doucement
nostalgique. Une famille bien née vit paisiblement
aux abords de Saumur, au cœur de ce pays
de Loire pétri de grâce et féru
de beau langage, ce parler dénué
de tout accent, le plus pur de toute la France.
Avec la virtuosité de sa plume originale
et haute en couleurs, Alix de Saint-André
nous fait partager l’indéfectible
affection qu’elle porte à cette pittoresque
Thérèse qui a veillé sur
son enfance et sur celle de sa jeune sœur.
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Comme nous l’adoptons volontiers, cette
Nanie habile à cacher l’insolence
sous le respect, la tendresse sous la rigueur…!
Au fil d’une véritable cascade de
souvenirs, désordonnée et jaillissante,
nous découvrons avec attendrissement le
parcours d’Alix et Laurence, câlinées
ou chapitrées par cette servante au grand
cœur qui ponctue la vie de famille du martèlement
de sa prothèse mécanique. Car elle
a été amputée à six
ans de la jambe droite. Mais à cœur
vaillant, rien d’impossible et Thérèse
ne rechigne ni sur la bonne humeur, ni sur les
activités physiques les plus variées.
De son pas inégal, elle s’active
de la nursery à la cuisine, du jardin à
l’église du village où elle
se rend à vélo avec ces enfants
qu’elle nomme en secret «ses filles»,
perchée sur son immense bicyclette grise,
nantie d’une pédale fixe pour caler
le membre artificiel. Gaie ou bourrue, protectrice
et dévouée, elle raffole des romans
roses, des séries télévisées
et de tous les enfants qui aiment à écouter
ses comptines et à la taquiner. Prompte
aux larmes comme au rire, la nounou partage toutes
les émotions familiales. Le roman prend
la forme d’une lettre qu’Alix, devenue
grande, adresse à sa nanie disparue pour
lui dire combien elle l’aime, bien qu’elle
se défie du mauvais fonctionnement de la
poste dans l’au-delà. Beaucoup d’humour
et de délicatesse dans cette évocation
d’un passé aux nuances pastel.
Monique
Ferrero
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