::Morte
parmi les vivants:
une tragédie afghane
Freidoune
Sahebjam
::Quand
j’ai pris ce livre en main me sont revenues
à l’esprit d’autres images,
toujours les mêmes quand on évoque
les femmes d’Afghanistan: une forme, une
grille de tissus, derrière laquelle on
ne peut même pas deviner un visage.
::Freidoune
Sahebjam, journaliste iranien réfugié
en France, relate l’histoire vraie d’une
jeune Afghane qui a vu sa vie basculer à
l’âge de 12 ans, après s’être
fait violer par plusieurs soldats russes qui voulaient
emporter un dernier bon souvenir de ce pays dont
ils se retiraient. La population terrorisée
ne se permet de porter aucun jugement sur le comportement
de ces hommes, des hommes en général.
Au contraire, elle rejette avec une violence inouïe
la femme qui a été «souillée».
Celle-ci, quelque soit l’outrage qu’elle
ait subi, est considérée comme entièrement
coupable de ce qui lui arrive.
::Si
l’on peut encore comprendre le rejet des
hommes, qui de toute façon méprisent
la femme, il m’a été impossible
de comprendre l’attitude de la mère
qui, croyant d’abord son enfant blessée,
la soigne avec amour et, d’un instant à
l’autre, apprenant ce qui s’était
passé, la rejette, la traite comme un animal
et finit par la vendre. Le destin de l’enfant
est marqué à jamais. D’esclavage
en fuite, de viol en esclavage, elle sera ballottée
au gré des événements. Seule
une certaine solidarité entre femmes lui
donne des lueurs d’espoir et lui permet
de survivre.
::L’auteur
nous révèle que cette jeune femme,
Bilqis, a été sauvée à
l’âge de 26 ans par une ONG qui l’a
découverte vivant comme une pestiférée
à l’écart d’un camp
de réfugiés.
::Ce
livre bouleversant d’authenticité
m’a rappelé un autre destin tragique
de fillette afghane présenté dans
le film Osama, de Sedigh Barmak, destin différent,
mais tout autant terrible et hélas représentatif.
Quand cette société sera-t-elle
enfin délivrée de ses démons
et permettra-t-elle aux femmes de vivre dignement,
librement?
Françoise
Summermatter Wunn
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