::Baguettes chinoises
Xinran
Traduit du chinois par Prune Cornet
::La
réputation littéraire de Xinran
n'est plus à faire et le succès
mondial de ses ouvrages précédents,
Chinoises et Funérailles célestes
a permis à d'innombrables lecteurs et lectrices
de découvrir les préjugés
du monde rural et le mépris qu'il voue
encore aux femmes, de nos jours dans cette Chine
aux aspects si multiples et en constante évolution.
::Dans
ce roman, l'auteure, qui vit maintenant à
Londres depuis 1997 où elle travaille comme
journaliste, nous fait partager la révolte,
puis les découvertes de trois sœurs
qui, lasses des jérémiades de leur
père, humilié d'avoir engendré
six filles et aucun garçon, décident
de quitter leur village de l'Anhui, une province
particulièrement rétrograde, pour
tenter leur chance à Nankin. Résolues
et ambitieuses, les adolescentes, que leur père
a refusé de nantir d'un prénom en
ne les désignant que par leur ordre d'arrivée
au monde, veulent prouver à leurs parents
et à tous les habitants de leur village
que des filles qualifiées de «baguettes»
inutiles et jetables, peuvent parfois égaler
les garçons, ces «poutres»
capables de soutenir le toit familial. C'est donc
Trois, la première, puis Cinq et Six qui
partent à la conquête de leur liberté
et de leur dignité, aidées par un
oncle installé à Nankin.
::Avec
sa verve et sa fausse naïveté, Xinran
suit les aventures de ses héroïnes
au grand cœur qui, bien que sommairement
scolarisées – l’une d'elles
est même illettrée – trouvent
du travail le jour même de leur arrivée
dans la grande ville. Courageuses, intelligentes,
les jeunes filles sauront se faire apprécier
de leurs patrons et déploieront des talents
variés. Le retour au village, à
l'occasion du Nouvel An et de la fête du
Printemps est triomphal et la mère de la
honteuse fratrie de «baguettes» peut
enfin relever la tête.
::Une
incursion dans la Chine profonde qui a du mal
à émerger de son obscurantisme,
sur un ton imagé qui balance entre conte
de fées et reportage.
Monique
Ferrero
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